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carrelage espagnol



Le carrelage espagnol inonde le marché.
La hausse des importations espagnoles de la céramique (carrelage espagnol) inquiète les producteurs marocains au moment où le marché subit de plein fouet la crise de l’immobilier. A fin mars dernier, les volumes importés ont augmenté de 20% par rapport à la même période de 2017.

 

Ils se sont élevés à 5,12 millions de m² au cours du 1er trimestre, soit le quart des volumes importés en 2017! Une tendance qui va crescendo depuis 2015. D’ailleurs, les carreaux espagnols représentent les deux tiers des importations du secteur.

Face à cette situation, les opérateurs montent au créneau. «Nous constatons une nette augmentation des importations des carreaux espagnols en 2018 avec des prix très bas par rapport au prix de revient des producteurs nationaux. Ce qui est une aberration!» confie Mohsine Lazrak, président de l’Association professionnelle de l’industrie céramique (APIC).

Alors que le prix moyen affiché des carreaux espagnols importés s’élevait à 46,89 DH/m² en 2017, il se situe entre 17 DH et 42 DH/m² à fin mars 2018. «Les exportateurs espagnols cassent les prix alors que notre prix de revient se situe entre 40 et 42 DH/m². Pour l’heure, nous ne demandons pas de mesures de sauvegarde mais si cette tendance haussière continue, nous pourrons jouer cette carte», fait valoir Mohsine Lazrak.

Cette hausse des importations met en péril un accord paraphé en décembre dernier par l’Apic et l’Association des professionnels de la céramique et du second œuvre (Apisa). Durement arraché après près de 12 ans de conflit, cet accord exige, entre autres, que les importateurs ne doivent pas importer des carreaux espagnols à un prix à moins de 31 DH/m². Or depuis janvier 2018, 1,2 million de mètres carrés importés sont facturés à moins de 31 DH/m², avec une moyenne de 17 DH/m². Le comité de suivi des importations mis en place, suite à cet accord, qui regroupe les représentants du commerce extérieur et des deux associations (Apic et Apisa), a constaté les dysfonctionnements enregistrés au niveau des quotas et des prix. D’autres réunions sont prévues pour suivre ce dossier et prendre les mesures nécessaires. Rappelons que cette hausse des importations s’explique aussi par le fait que nos voisins algériens ont fermé les frontières aux produits céramiques espagnols depuis janvier dernier. Résultat: les exportateurs espagnols se rabattent sur le marché marocain pour écouler les volumes destinés au marché algérien. C’est ce qui explique la baisse des prix proposés par les Espagnols (de 17 DH à plus de 42 DH/m²) et l’augmentation des quotas, faisant fi de l’accord Apic/Apisa. Outre l’Espagne, le Maroc importe du carrelage en provenance de 17 pays dont la Tunisie, la Turquie, les Emirats arabes unis, l’Inde, la Chine, l’Italie, le Portugal, l’Egypte, la Pologne… Les volumes importés en 2017 s’élèvent à 23,55 millions de m². Sur ce total, l’Espagne s’accapare près des deux tiers des importations totalisant 16,6 millions de m², devançant de loin l’Egypte qui a exporté vers le Maroc 2 millions de m². Le quota des produits espagnols a augmenté de 21% par rapport à 2016.

La machine ibérique


L’industrie céramique espagnole réalise plus de 75% de son chiffre d’affaires à l’export. Un repositionnement commercial qui a érigé ce pays en tant que deuxième exportateur de carrelage au monde et le premier d’Europe. En 2015, l’Espagne s’accaparait 12,6% des exportations mondiales de carrelage. Ses ventes ont totalisé 3,07 milliards d’euros, progressant de 6% par rapport à l’année précédente. C’est l’export qui a permis à cette industrie de remonter la pente après la bulle immobilière de 2008. Grâce à une demande plus forte à l’international, les industriels espagnols se voient ouvrir plus d’opportunités de croissance supérieures au marché local.
Outre la qualité de ses produits, le secteur espagnol est organisé autour d’un écosystème d’entreprises (producteurs de machines-outils...) générant des synergies lui permettant de fixer des prix attractifs et qui défient toute concurrence. Avec une concentration de 85,5% des PME de la céramique dans la province de Castellon, près de Valence, les producteurs mutualisent leurs moyens pour réduire les coûts.